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Les Analouises Sportives

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11 septembre 2022

Du sang, de la sueur et des larmes

 

Du sang, de la sueur et des larmes

 

 

                                               USopen picture

 

 En ce Momentum sportif, fait de volleyball avec nos récents vainqueurs de la VNL, de basketball avec notre charismatique équipe de France, de Vuelta avec ses chutes et ses rebondissements ou bien le tennis, où la place de n°1 mondial est en train de se jouer, il est difficile de ne pas y trouver son compte !

 

Je souhaitais me pencher de plus près sur l’US Open, particulièrement intéressant cette année.

 Pour commencer, impossible de passer à côté du tableau masculin individuel ! Entre un Djoko interdit d’US Open en raison de sa non vaccination, un Roger toujours aux abonnés absents et un Nadal sèchement renvoyé à Majorque par le premier jet (électrique j’espère !), la lutte au dernier « Grand Slam » de l’année s’est clairement dégagée…Medvev, Tsisipas éliminés et Zverev toujours blessé, il y aura un nouveau vainqueur de Majeur cette année ! La grande question : qui ? Alcaraz, qui après un début de saison épatant, à connu un petit coup de moins bien ? Jannik Sinner, dont la régularité et le jeune âge n’ont pas fini de forcer l’admiration ? Tiafoe, à la maison et tombeur de Nadal, aurait-il les capacités pour soulever la coupe malgré sa maigre expérience de finales ? Ou enfin Ruud, qui a déjà connu une finale de Grand Chelem, sur le dernier Roland, serait-il le prochain vainqueur ? En tous cas, ce n’est pas l’expérience qui fera la victoire cette année, car ces joueurs ne comptent qu’une seule demi-finale de Grand Chelem à eux 4. Également, la place de numéro 1 mondial se jouera entre Ruud et Alcaraz si chacun d’eux atteint la finale, sachant que Ruud n’a jamais gagné au-dessus d’un ATP250 !

Ensuite, en tant de française et fière de l’être, je me devais de souligner le parcours exceptionnel de Caroline Garcia ! Après avoir brillé entre 2015 et 2017, la française a connu une baisse de régime qui ne s’est malheureusement pas inversée, et à sombré dans les classements. Sa dernière apparition dans le top 10 remonte en effet à 2018. Cependant, « Caro » a cette année laissé tous ses démons derrière elle, réalisant la meilleure saison de sa carrière, avec 3 titres à la suite (dont un Masters 1000 !) et un tennis digne des plus grandes, clouant le bec à toutes les critiques. Elle a joué à un niveau stratosphérique lors de son ¼ de finale contre Coco Gauff, la jeune prodige américaine héritière de Serena, pour atteindre sa toute première ½ finale de Majeur. Hâte de la voir soulever le trophée samedi !

Enfin, c’est une page de l’histoire du tennis qui s’est tournée la semaine dernière, avec la défaite de la grande Serena Williams au 3e tour de ce qui était alors le dernier tournois de son immense carrière. L’américaine, avec sa combinaison de diamants et sa joie à toute épreuve, annonçait la couleur : elle était là pour le show, et si la victoire était au bout tant mieux, sinon tant pis. L’espoir naquit, surtout quand on connait le manque de constance chez les vainqueurs du tableau féminin. Mais il fut bref, car Serena fut éliminée en 3 sets au 3e tour par Tomljanovic. Elle quitta le stade en larme, applaudi comme une reine. Il nous faudra attendre quelques années avant de retrouver une icône comme elle !

 

C’est donc ainsi que cet US Open, que personne n’attendait vraiment, nous aura réservé une quantité de sang, de sueur et de larmes rarement vue depuis longtemps !

 

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13 juillet 2021

Le Tour de la semaine

Le Tour de la semaine

 

Cela fait maintenant presque 2 semaines que les coureurs de cette 101ème édition du Tour de France se sont élancés de Brest, le 27 juin, terre bretonne et cuisinière de champions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette édition a démarré sur les chapeaux de roues.

                                                               Image analouises tdf

Côté français, nous étions brillamment représentés, avec comme têtes d’affiche Julian Alaphilippe, champion du Monde en titre, Arnaud Démarre, champion de France sortant, mais aussi David Gaudu, leader de la Groupama-FDJ en l’absence de Thibault Pinot, ou encore Bryan Coquard (et encore plein d’autres).

La 1ère étape, reliant Brest à Landerneau, était faite de plat et couronnée au bout de 197km de course, par l’ascension de la Fosse aux Loups (oui oui c’est une petite montée). On retrouvait alors ce bouillonnement caractéristique des premières étapes du Tour, porté par la ferveur des spectateurs heureux de se retrouver au bord des routes. Et c’est Julian Alaphilippe, ayant déclaré plus tôt avoir coché cette étape, qui laissa sur place tous les leaders regroupés à l’avant du peloton, par une accélération tout en puissance dans la fameuse Fosse aux Loups. Notre français, champion du monde, vainqueur d’étape déjà, et ainsi maillot jaune, c’était une jolie mise en bouche. Le tour pouvait commencer.

On aura, pour cette 1ère semaine faite majoritairement de plat, assisté à de nombreux exploits. Mathieu Van der Poel, petit fils de Bernard Hinault, endossera le maillot jaune pour sa 1ère participation, chose que son grand-père n’était jamais parvenu à faire, et ce jusqu’à son abandon en fin de semaine pour se consacrer aux Jeux Olympiques. Mark Cavendish, revenu d’une dépression, remplaçant au pied levé le sprinteur de la Deuceunick-Quickstep, remportera ses 31ème et 32ème étapes sur le Tour (spoiler, il en gagnera 2 autres la semaine suivante, égalant le record d’Eddy Merckx). Ben O’Connor, l’australien d’AG2R, remportera l’étape alpestre dantesque reliant Cluses à Tignes, sous la pluie et dans le froid, après un raid solitaire magnifique. Enfin Tadej Pogacar, vainqueur sortant de la précédente édition, clôturera sa première semaine en jaune avec une facilité presque dégoutante, à 5’ de tous ses plus proches rivaux au classement général.

Le Tour, depuis la fin de l’hégémonie Chris Froome, se fait remarquer dans ses rebondissements et la faculté qu’ont les coureurs à le renverser dans les tous derniers jours. Egal Bernal, il y a 2 ans, avait endossé la tunique jaune à peine quelques jours avant la fin. Si tout le monde louait ses capacités de grimpeur, peu auraient parié sur sa victoire au début des 3 semaines. En 2020, Roglic paraissait survoler les débats, avec une équipe aussi solide que possible. S’il rechignait à s’emparer du maillot jaune, il en fut dépossédé par Pogacar sur l’étape du contre la montre qui précédait l’arrivée sur les Champs Elysées, ce même slovène qui avait gagné sa 1ère étape sur un Tour de France 2 semaines auparavant.

Les chutes, aussi, s’invitèrent régulièrement dans le classement général pour bousculer sa hiérarchie. Cette année, les premières étapes furent cruellement marquées par du carbone brisé, de la peau brûlée et des points de suture. Notamment Roglic et plus tard Yates, cassés et résignés, déclarèrent leur abandon.

Alors oui, il est concevable que les 5 heures quotidiennes de vélo à travers les paysages français puissent sembler barbantes, mais si on prend la peine de s’intéresser aux enjeux qui se cachent derrières ces maillots colorés défilants à travers les pins et l’asphalte brûlant, on y voit un suspens monstre.

Pogacar est-il si intouchable que ça ? Car pour l’instant personne n’a vraiment osé l’attaquer et le mettre devant ses responsabilités. Qui sortira vainqueur de la course au podium, quand les écarts entre les 4 suivants se tiennent dans une petite minute ? La Quickstep Team verra-t-elle encore un succès sous son maillot bleu, grâce à Cavendish ou Alaphilippe, quand on sait que la moitié des étapes de la semaine a été remportée par ses coureurs ?

Pour le savoir, je vous recommande fortement un café/canapé/télé devant les routes du Tour.

7 septembre 2020

Astérisque le Gaulois

Astérisque le Gaulois

 

                                                 2020-triathlon-hambourg-vincent-luis-1

 Passer du coq à l’âne, appeler un pain au chocolat une « chocolatine », voir les Celtics laisser le game 3 aux Raptors en ½ finale de conf…Voilà autant de paradoxes qui décriraient bien la WTS d’Hambourg en ce samedi 5 septembre, jour de championnats du monde de triathlon.

 Ce titre de World Champion a pour habitude d’être décerné au triathlète ayant récolté le plus de points sur le circuit WTS, constitué de plusieurs courses (Abu Dhabi, les Bermudes, Leeds, Montréal notamment) réparties sur la saison et distribuées sur les 5 continents. Une somme de point est attribuée à chaque athlète selon sa place à l’arrivée de la course, celui le plus régulier tout au long de la saison se voyant ainsi couronné lors de la grande finale.

Aujourd’hui, c’est sur un tout autre format que nous avons pu observer les athlètes se disputer le titre : une seule course, en format sprint (750m de nat’, 18.5km de vélo et 5km de course contre 1.5km de natation, 40km de vélo et 10km à pied sur la distance olympique).

 La France envoyait des paillettes dans la vie de tous ceux qui observaient sa starting-list : avec Vincent Luis (champion en titre), Léo Bergère et Dorian Coninx notamment (vainqueur il y a quelques jours de la 1ère course internationale de la saison). Comme principaux adversaires, on retrouvait les espagnols Mario Mola (vice-champion en titre, 4 fois champion du monde) et Alarza, les frères Brownlee pour l’Angleterre, ainsi que l’armada norvégienne emmenée par Blummenfelt. On pouvait cependant déplorer l’absence de certains grands noms du triathlon comme l’australien Birthwistle, le canadien Mislawchuk, ou le néo-zélandais Wilde, tous les 3 très prolifiques avant la suspension de la saison en raison de la pandémie.

 

Les athlètes se jettent dans l’eau au coup de sifflet, formant une masse noire dans leur combinaison noire en néoprène et coiffés de leur bonnet de bain jaune. Après 8’20 secondes et une natation extrêmement rapide, ce sont les frères Brownlee, Vincent Luis et l’allemand Schomburg qui sortent en tête. A la suite des transitions, une bon groupe s’élance en tête et se détache du peloton. Nos 3 français à sa tête, ils ne comptent pas leurs relais, sous les ordres d’Alistair Brownlee (faisant son retour sur courte distance) qui n’a pas perdu l’habitude de hurler sur ses adversaires. A la surprise de tous, Mola et Alarza sont aux dans un 3ème groupe à la poursuite du peloton, la faute à une natation trop lente. Johnny Brownlee semble quant à lui s’économiser et ne passe aucun relais dans le groupe de tête.

 A ce moment, le principal adversaire de nos 3 français semble être Alistair Brownlee (double champion olympique), très rapide sur le vélo. Léo Bergère impressionne par ses efforts dans les relances (la partie vélo est son point fort) et Vincent Luis inquiète par son visage crispé. Le groupe de tête arrive sur l’air de transition pour la course avec une maigre quinzaine de secondes d’avance sur le peloton.

 Après 500m de course à pied, le trio gagnant se forme : Vincent Luis, Léo Bergère et un jeune portugais du nom de Vasco Vilaça, jusque-là inconnu du public. Malgré tous les efforts du belge Jelle Geens qui semble doté de fusées aux pieds, ou la détermination d’Alistair Brownlee, on ne reverra plus les trois hommes.

A 500m de l’arrivée, Vincent Luis attaque et s’envole, grâce aux qualités de sprint qu’on lui connait, vers un deuxième titre mondial. Le français avait l’air en souffrance sur le vélo, lui qui a pourtant l’habitude de dominer la course de bout en bout, mais il semble avoir retrouvé ses jambes et abandonne ses compagnons d’échappée pour finir la course seul en tête. On pense le jeune portugais épuisé, ça sent bon la 2nde place pour Léo Bergère. Mais c’est finalement Vilaça qui lance son attaque peu après et Bergère plafonne : la 3ème place sera pour lui. Jelle Geens, placé 10ème à l’arrivée du vélo, finit 4ème après sa formidable course à pied, Dorian Coninx termine en 6ème position et on retrouve Alistair Brownlee à la 9ème place.

 Sur la ligne d’arrivée, Vincent Luis laisse exploser sa joie : conserver son titre constitue un exploit quand on sait la compétitivité du milieu et après cette longue période de confinement. Le français dit adorer s’entraîner, mais le home-trainer n’est clairement pas quelque chose qu’il affectionne. Il congratule ensuite chaleureusement son compatriote Léo Bergère, régulièrement top 5 dans les WTS mais qui n’était pourtant jamais monté sur la boite. Le portugais quant à lui rayonne : 2ème participation à une WTS seulement et déjà sur le podium.

 

Chez les femmes, petite déception avec la 11ème place de Cassandre Beaugrand (régulièrement sur les podiums en WTS) et la 12ème place de Léonie Perriault. Sur le relais mixte cependant, les français (quatuor composé de Dorian Coninx, Léo Bergère, Cassandre Beaugrand et Léonie Perriault) ont pu laisser s’exprimer leur talent avec un 4ème titre mondial d’affilé.

 Deux titres mondiaux sur trois possibles, marqués tout de même d’un petit astérisque à cause de ces conditions si particulières (ainsi me vint l’idée du titre de cet article, après tout la Gaule est l’ancienne France !), on ne peut dire qu’une chose : vive la république et vive la France !

26 août 2020

Ça Démare fort!

Ça Démare fort !

 

 Grand-Champ, Morbihan, 23 août 2020

 

C’est  dans une ambiance digne du Tour de France que la fine fleur des coureurs cyclistes français s’est élancée sur le parcours de 238km de ces championnats de France Elite de cyclisme.

Presque tous, à l’exception notable de Thibaut Pinot, avaient coché cette case sur leur calendrier si chamboulé par la pandémie. La plupart des coureurs avaient fait leur rentrée quelques semaines avant (la Route d’Occitanie pour Lilian Calmejane et Romain Bardet, Milan-San Remo pour Alaphilippe, Milan-Turain pour Arnaud Demare, ou encore le Tour de Pologne pour d’autres). Après un Criterium du Dauphiné d’une exigence et d’une compétitivité remarquable et à 1 semaine du Tour, la course promettait du spectacle. Et nous n’avons pas été déçus.

 Dans les favoris, on retrouvait évidemment Julian Alaphilippe (Deuceunick-Quickstep), vainqueur sortant mais tout de même 2ème sur le monument Milan-San Remo le 8 août dernier. Accompagné par Florian Sénéchal comme seul équipier, le duo faisait cependant pâle figure face aux 16 coureurs de la Groupama FDJ.Egalement, Warren Barguil (Arkea Samsic), tenant du titre, était un sérieux prétendant pour un doublé puisqu’il partait sur un parcours « home-made » : en bon breton, cet amoureux de la pêche sillonne ces routes depuis son enfance. Mais surtout, Arnaud Démare (Groupama FDJ) : tenant la forme de sa vie depuis le début de saison, vainqueur au sprint de Milan-Turin puis du Tour de Wallonie, le Picard entendait bien laisser raisonner la marseillaise dans ses oreilles une 3ème fois après 2014 et 2017. Aligné avec le bulldozer FDJ, pour qui le maillot bleu-blanc-rouge est presque aussi important qu’un maillot jaune ou arc-en-ciel, le sprinteur portait l’étiquette d’archi-favoris.

 Ce parcours avait la particularité d’offrir plusieurs scénarios de fin : une arrivée au sprint, ou bien une explication entre puncheurs s’ils arrivaient à s’échapper dans la bosse à quelques kilomètres de l’arrivée. Les échappées, parties dès les 1ers kilomètres de la course, firent de ces championnats une course dynamique et agréable à suivre. Constituées de coureurs aguerris comme Pierre Rolland, les AG2R ou la team Total Direct Energie  et bien fournies (jusqu’à 15 coureurs), celles-ci ne glanèrent cependant rarement plus d’une minute sur le peloton malgré de nombreuses relances. Comme prévu, la course fut verrouillée et contrôlée du début à la fin par la FDJ qui souhaitait placer Démare dans le sprint. Dans ce peloton de toutes les couleurs, l’armada bleu-blanc-rouge faisait figure de proue.

                                                                    Arnaud Démare, au centre, lève le poing

Pourtant, à 10km de la ligne d’arrivée, la course fut dynamitée par Florian Sénéchal (Deuceunick-Quickstepp) qui  déboita un long effort, Romain Bardet sautant dans sa roue, pour rejoindre l’échappée à 45sec du peloton. Celle-ci fut rattrapée quelques minutes plus tard par le peloton, la FDJ veillant au grain avec de puissants coups de pédales.C’est ensuite ce même Florian Sénéchal, impérial, qui durcit brutalement le rythme de course à environ 5km de l’arrivée, provoquant la cassure du peloton. En bon équipier, il emmena avec lui Alaphilippe qui put ensuite produire son effort pour se lancer seul vers l’arrivée.Cependant, Démare était aux aguets : il grimpa la côte avec Bryan Coquard sans suivre Alaphilippe, mais sans le lâcher non plus. Au sommet de cette fameuse bosse de fin, le podium était fait, restait à attribuer les places aux 3 coureurs rescapés de cette attaque.

Coquard refusa de prendre des relais, et c’est donc à la seule force de ses jambes que le coureur de la FDJ ramena le duo à hauteur du puncheur français. Alaphilippe tenta une fois de plus de semer les 2 coureurs, mais encore une fois, Démare épata par sa capacité à suivre le rythme du puncheur.En voyant le trio se diriger vers la ligne d’arrivée, la question était de savoir si Arnaud Démare avait épuisé ses forces à suivre Alaphilippe, ou s’il avait encore les jambes pour sprinter. C’est le coureur de la Deceunick-Quickstep qui lança le sprint de derrière. Le match, attendu avec des plus en plus d’envie au long de la course, entre les 2 grands leaders actuels de l’équipe de France se déroulait sous nos yeux : coude à coude, langue tirée et tête baissée, Alaphilippe et Démare fonçaient vers la ligne d’arrivée, Coquard juste derrière.C’était pourtant bien Démare le plus fort. Il passa devant Alaphilippe et tout ce que Bryan Coquard revu de lui fut sa roue arrière.

Les poing en l’air, il hurla la rage et la pression qui avaient écrasé ses épaules tout au long de la course, suivi de Bryan Coquard en 2ème position puis de Julian Alaphilippe à la 3ème place, battu par plus fort que lui aujourd’hui. Derrière, les AG2R avec Romain Bardet furent placés dans le top 10, échouant de quelques secondes à rattraper le trio dans les derniers kilomètres pour placer leur sprinteur Clément Venturini (4e). Warren Barguil finit en 27ème position, à 58’’ de la tête de course.

 

On ne peut qu’applaudir la forme mais aussi l’intelligence de Démare (les courses de championnats étant les seules sans oreillette) pour avoir gardé son calme lors des attaques d’Alaphilippe et maitrisé la course de bout en bout. On peut saluer la stratégie de Bryan Coquard, sautant dans les bonnes roues tout en s’économisant pour jaillir au sprint. Et on peut admirer le panache d’Alaphilippe, ayant tout mis en œuvre pour semer Arnaud Démare et ses 15 équipiers.

C’est en tous cas une saison française qui démarre sur les chapeaux de roues !

4 août 2019

American Airlines

American Airlines

 

finale wimbledon

 

Dimanche 14 Juillet, Londres, Angleterre

Pour les amateurs de poker, ce titre sera synonyme d’une paire d’as, paire surnommée ainsi à cause de ses initiales qui vous font voler tout droit vers la victoire. C’est un peu cela que nous retrouvons en ce dimanche de fête nationale, à Londres, sur le Centre Court, où Roger Federer et Novak Djokovic s’apprêtent à embarquer à destination de la 1ere place du podium. Une paire d’as donc, qui prend la pause pour la traditionnelle photo autour du filet, en final du 2019 Championship, plus communément appelé Wimbledon.

Tout sourire, on aurait du mal à deviner l’enjeu de ce match opposant 2 des 3 membres du « Big Three » (le dernier étant Rafael Nadal, éliminé en demi-finale par Federer), nom donné au club très fermé des 3 joueurs régnant incontestablement sur le tennis mondial depuis 15 ans. En effet, ces 3 trentenaires ont pour habitude de rafler tous les trophées de Grand Chelem qui se trouvent sur leur passage, ne laissant que des miettes à la « Next Gen », c’est-à-dire la nouvelle génération.

1er set

Federer bénéficie de la mise en jeu et commence à servir, sous l’œil de la Royal Family bien installée dans son Royal Box, entourée de nombreuses célébrités venues assister à ce duel de titans.

Le match démarre en trombe, la balle fuse à plus de 100km/h et les points s’enchainent sur des rallies de grande qualité technique. Djokovic et sa précision technique ainsi que Federer et son jeu  si subtilement construit offrent aux spectateurs un spectacle comme on en voit rarement. Les jeux s’enchainent, sans aucun break (c’est-à-dire quand un joueur gagne 2 jeux d’affilé), pour aller jusqu’au tie break. A 6/6, score 5-5, l’atmosphère est irrespirable. Aucun des 2 joueurs ne veut laisser le 1er jeu. Mentalement et physiquement, chacun sait, au vu du niveau de jeu, qu’une remontée sera difficile. Federer est le premier à craquer et concède le 1er set  sur le score de 7/6, 7-5 après deux fautes grossières. Rassuré, Djokovic lance vers son public un point rageur.

2e set

Il est peu nombreux dans le public qui veut voir Federer se laisser distancer si tôt dans le match, lui qui court après son 9e titre londonien. Il l’a dit et redit, Wimbledon c’est chez lui. Et ce n’est pas à 37 ans qu’il laissera un autre le déloger de sa maison si facilement. Fort d’un mental en acier qui lui a si souvent permis de se sortir de situations compromises, Roger revient sur le terrain en conquérant et break Djokovic d’entrée. Le serbe enchaine les fautes, lui qui avait pourtant un jeu aiguisé comme une lame de rasoir au 1er set, et abandonne ce 2nd set au profit de son ainé sur le ridicule score de 6/1. Le public exulte, la partie est relancée.

3e set

A l’image du 1er set, les 2 hommes sont au coude à coude, aucun des deux ne parvient à faire le break. 6/6 et nouveau tie break. Djokovic, concentration retrouvée, s’envole à 4/1. Pourtant, le suisse parvient à recoller à 6/4, mais ploie sous les fracassants enchainements croisé/long de ligne de son adversaire et concède ce 3e set.

4e set

A la plus grande joie du public, les 2 joueurs ont décidé de jouer pleinement la carte du spectacle.A l’image du 2nd set cette fois, Federer plante un double break qui laisse un Djoko pantelant, dérouté, les yeux rivés sur le set suivant. Malgré un sursaut pour tenter de recoller au score, le set s’achève sur le score de 6/4, regorgeant de passings et de volées amorties millimétrées.

Après plus de 3h30 de jeu, le niveau reste stupéfiant. Federer, qui a pourtant donné lors de sa demie de haute volée contre Nadal, a à cœur de prouver qu’à 37 ans, on peut encore être un cador du tennis mondial. Et cela, le public de Wimbledon l’a bien compris. Les applaudissements ne trompent pas : non sans compassion pour le serbe, les anglais choisissent pourtant leur chouchou suisse. Ainsi, le stade crie de joie lorsque Federer vient déposer sa volée sur la ligne de fond de court (on hésite entre chance et génie pour la décrire) et empoche le 4e et avant dernier set.

5e set

Encore une fois, les deux hommes sont à la lutte sans qu’une réelle différence se fasse. Jusqu’à 6/5, 40-15. Autrement dit, 2 balles de match pour Captain Roger. Un seul petit point le sépare de sa 9e victoire à Wimbledon. De son 21e titre en Grand-Chelem. Du statut de légende plus absolue qu’absolue.

Et pourtant, le mental d’acier de Djokovic fait la différence. Un peu plus faible sur les derniers points, on lit dans ses yeux noirs qu’aucune balle ne passera. Il devient tel un mur qui nous renverrait inlassablement la balle sans même s’effriter. Il remporte finalement le jeu et recolle au score.

Les 2 joueurs ont secrètement décidé de faire honneur à la toute nouvelle règle du championship : dans le 5e set, c’est tie break, si égalité au 12e jeu il y a. Et effectivement, égalité au 12e jeu du 5e set entre Federer et Djokovic il y a. 4h50 après la 1ère balle, le suspens tient toujours.

Aussi fort que puissent être les 2 tennismen, il faut un gagnant. On sent Federer moins dans le match, moins précis. Djokovic, galvanisé par son sauvetage incroyable au 11e jeu, s’envole aux dépens de Federer, à qui les 2 balles de match perdues ont retiré son énergie. On observe presque, la larme à l’œil, le trophée s’envoler de ses bras. Mais voilà, jeu (7-3), set

et match remporté par le serbe, plus solide. Même pas de célébration, juste un coup d’œil amusé vers son clan qui exulte. Après une courte poignée de main emplie de respect, Novak s’agenouille au centre du court. Il porte à sa bouche une poignée d’herbe piétinée qui, apparemment, n’a rarement eu aussi bon goût.

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22 avril 2019

Une fierté de coq

 

Une fierté de coq

 

Au terme d’un match digne d’un thriller psychologique, ce sont les Bleues que le dieu du tennis a choisi d’envoyer en finale de la Fed Cup.

 

fedcup

 

21 avril 2019, Rouen, 1er set

Sur le court en terre battue, aménagé dans la salle du Kindarena de Rouen, le match semble mal embarqué pour la paire Garcia/Mladenovic, alors opposée à la Roumanie.

Il faut savoir qu’en termes de point (1 victoire = 1 point), les 2 pays sont à 2-2, c’est à dire égalité parfaite. Or la première nation à atteindre 3 points décroche son ticket pour la finale. Ce match est donc décisif.

Kristina Mladenovic, reconnaissable à son habituelle tresse blonde, a jusqu’alors connu une saison en dent de scie, dépassant rarement les premiers tours des grands tournois. Caroline Garcia fait quant à elle son grand retour en équipe de France, elle qui n’avait pas joué avec les Bleues depuis 2 ans. Le duo, pourtant vainqueur de Roland Garros en 2016, fait ainsi l’objet de nombreux doutes.

Impériale, Simona Halep (actuelle n°2 mondiale) n’a qu’à laisser parler son tennis pour remporter les échanges, sans trouver de résistance chez ses adversaires : Mladenovic se bat dignement mais les actions françaises sont trop souvent plombées par les nombreuses fautes de Garcia. La France fait pâle figure face à la fougue roumaine. Après 49 minutes de jeux, le 1er set est inéluctablement remporté par les roumaines 6/4 (sur une faute de Garcia qui rate son smash), Niculescu narguant les françaises de son point rageur.

2ème set

Les chaussures qui foulent la terre battue du court n’appartiennent plus aux mêmes personnes. Julien Benneteau, jeune retraité et coach de cette équipe (composée également d’Alizé Cornet et Pauline Parmentier, cependant moins bien classées que les 2 autres) a transformé ses 2 joueuses en guerrières. Leur attitude molle et passive a complètement disparu. Grâce à un jeu bien plus précis et incisif, et des tactiques respectées à la lettre, la paire française breake ses adversaires lors du 4ème jeu puis gagne les 2 suivants pour s’envoler à 5/1. Les roumaines, ne pouvant décemment pas se faire écraser 6/1, remontent leur retard à 5/3. Malheureusement pour elles, les Bleues ne vont pas laisser filer l’égalisation si facilement et c’est d’une volée de Mladenovic en plein sur Niculescu que les françaises remportent 6/3 le 2ème set.

3ème set

Puisque les femmes jouent leurs matchs en 2 sets gagnant, chaque équipe sait que le 3ème sera décisif. A tour de rôle, elles gagnent sur leur service. Le match ne cesse de monter en intensité, les échanges sont de plus en plus longs, signe qu’aucune des 2 équipes ne veut lâcher. Au contraire des roumaines qui semblent jouer en roue libre avec un coach peu expressif et beaucoup de signes de la part d’Halep, Julien Benneteau ne retient pas ses sauts de joie à chaque fois que ses joueuses marquent un point. Les françaises parviennent à breaker et s’offrent une balle de match à 5/4, 30/40 sur leur service. La salle retient son souffle. Et c’est d’un 2ème service assez rapide complètement dévié par Niculescu, que Caroline Garcia envoie la France en finale, dans un Kindarena exultant.

Rendez-vous en novembre contre l’Australie !

14 février 2019

La dynastie Ingebrigsten - Pt 1

La dynastie Ingebrigsten - Partie 1

 

                                                            ingebrigtsen-759

On pourrait les comparer aux frères Borlée, sprinteurs jamais brillants individuellement sur la piste mais portant haut les couleurs de la Belgique sur le relai 4x400m depuis 10 ans. Mais ce serait commettre une erreur. Les 3 frères Ingebrigsten sont d’un autre monde. Athlètes dans la même discipline et entrainés par leur père, ils s’échangent les records nationaux et européens ainsi que les titres, toujours en famille.

10 aout, Berlin, championnats d’Europe d’athlétisme 2018

Aligné au départ du 1500m, Henrik (champion d’Europe de la discipline en 2012) réajuste ses lunettes tandis que son petit frère Filip (champion en titre) pointe le ciel du doigt en entendant son nom, et que le benjamin Jakob vérifie ses lacets. Les athlètes se jaugent, Filip Ingebrigsten et le polonais Lewandowski sont donnés favoris. Cependant, les 3 anglais Wightman, Grice et O’Hare ne sont pas en reste. Au contraire de ses frères, Jakob est encore peu connu de la scène senior, ayant toujours brillé en junior. A seulement 18 ans, il semble atterrir dans cette finale un peu par hasard. Pourtant, ses performances U20 ne laissent pas de place au doute.

 

Au coup de feu de départ, les athlètes sprintent vers le couloir 1, les anglais en tête et les 3 norvégiens en dernière position. Tout de suite, on sent l’attaque se préparer. Leur petite équipe est un avantage considérable, dans cette course rapide où la stratégie est d’une grande importance.Le train de course est rapide mais pas épuisant, les 2 premiers tours sont vite avalés.

A 800m de l’arrivée, c’est Filip qui lance l’initiative et remonte le peloton. Le rythme s’accélère brutalement, et Jakob prend la tête de course, ses frères juste derrière. On dirait que la course leur appartient, l’anglais Grice essaye de s’inviter à la fête mais peine à les suivre, de même pour l’allemand Tesfaye.Pourtant, on se dit que le plus jeune Ingebrigsten va se brûler les ailes, emporté par la folie du stade et l’enjeu de la course, ou qu’il fait le boulot pour ses frères. En tous cas, rester en tête jusqu’à l’arrivée semble clairement impossible.

A 400m de la ligne, dernier tour, Jakob accélère encore. Henrik essaye de remonter à la corde mais est bloqué par Filip, côte à côte avec Grice et Wightman. Il ne reste plus que 200m et Jakob lance le sprint, pris en chasse par les 3 anglais suivi d’Henrik. Filip, sûrement diminué par sa blessure lors des qualifications, est lâché.

Irrattrapable, le benjamin s’envole vers la victoire avec une facilité déconcertante et boucle la course en 3.38 :10 tandis que Lewandowski, sorti comme un fusée de la queue de peloton s’empare de l’argent et qu’Henrik, malgré son effort, échoue au pied du podium quelques centièmes derrière Wightman.

 

« A star is born » . En devenant le plus jeune athlète médaillé d’or dans un championnat européen, Ingebrigsten III entre dans l’histoire. A l’image d’une passation de pouvoir, ses 2 frères viennent l’embrasser et le couronner d’un casque de viking. En 6 ans, ils se sont tous refilés le titre…

Les sceptiques (ou les rageux) diront que c’est la chance du débutant. Que nenni : le lendemain, le duo Ingebrigsten survole le 5000m, et c’est encore une fois Jakob qui, avec une insolente facilité, lâche Henrik dans les 100 derniers mètres pour s’emparer de son second titre, record européen U20 à la clef.

Il est sur le toit de l’Europe. Ils sont sur le toit de l’Europe. En famille.

10 février 2019

Un Mal Epineux

 

Un Mal Epineux

 

10 Février, 2e journée du Tournoi des 6 nations édition  2019 et jour de crunch à Twinkenham, en Angleterre.

Le match d’ouverture des Français  contre le Pays de Galles a du mal à quitter les esprits. Cette 1ère mi-temps était le signal tant attendu : la fin de la galère et le réveil des français, après plus de 2 ans à perdre la plupart des matchs qui nous étaient donnés de jouer. Les Gallois étaient asphyxiés par la fougue qui poussa les bleus à marquer 3 essais sans en encaisser aucun et gagner les vestiaires avec 16 points d’avance. Et pourtant, la 2ème période fut sans appel : les français sombrèrent un peu plus chaque minute pour terminer le match sur le score de 19-24, une lourde défaite en somme.

Le sort semble s’acharner, pourtant on essaye de trouver du positif après cette désillusion, on se dit que si on continue sur cette lancée de belles choses nous attendent.

 

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Vient le France-Angleterre ou « Le match du tournoi » d’après notre capitaine Guilhem Guirado. Le XV de la Rose fut impressionnant contre l’Irlande, tenante du titre, mais les bleus se disent prêts.

Pourtant le match vire très rapidement au cauchemar : les anglais ayant pour habitude de commencer fort, il ne leur faut pas plus de 120 secondes pour marquer un 1er essai signé Johnny May grâce à un beau coup de pied rasant d’Elliot Daly.

Pertes de balle à tout va côté bleu, les anglais rentrent dans la défense française comme dans du beurre et marquent leurs 2 essais suivants avec la même technique du coup de pied rasant (réalisée à la perfection) et personne pour leur courir après.

A la 35ème minute, sursaut français : après le magnifique travail de Yoann Huget qui échappe à 2 plaquages au niveau du milieu de terrain, Damian Penaud s’envole côté aile droite pour aller marquer le 1er essai  bleu, malheureusement non transformé par Morgan Parra.

La 1ère mi-temps s’achève sur le score de 30 à 8, 4 essais (dont 2 transformés par le capitaine Owen Farell) à 1 pour les anglais. Autant dire que la France prend l’eau…

 

Lorsque les joueurs entrent sur la pelouse pour la 2ème période, on ne peut s’empêcher d’imaginer les mots employés par le coach bleu pour motiver ses troupes. Une réaction est attendue, malgré les maigres espoirs de victoire.

Les anglais repartent aussitôt à l’attaque et mettent la pression sur l’équipe de France qui peine à sortir de ses 22 mètres malgré des dégagements fréquents.

Moins de 10 minutes après la reprise, c’est un jaune pour Fickou qui plaque Ashton alors sans ballon, mais qui courrait le ramasser pour l’aplatir derrière la ligne, suivi d’un essai de pénalité transformé par la machine de guerre qu’est le capitaine anglais.

5 minutes plus tard, Dupont permet d’une tape de la main d’éviter in-extremis un essai de May après une course magnifique, mais est trop court pour attraper le ballon ; Farell en profite et se jette dessus pour signer le 5ème essai anglais qu’il célèbre d’un coup de poing rageur et transforme juste après.

Malgré quelques coups d’éclat français trop souvent gâchés par des passes ratées, les anglais continuent à contre attaquer, disciplinés et inépuisables, à gagner les mêlées et les touches pour achever la rencontre sur le score humiliant de 44-8, aka la plus grosse défaite française dans un crunch depuis un siècle.

 

Un bilan assez triste donc pour l’équipe de France, qui n’arrive pas à profiter de ses jeunes talents et des autres plus expérimentés pour inverser le cours de son histoire, en acquérant une certaine constance technique et psychologique. Trop souvent surprise par les actions adverses, elle n’a pas su conclure ses quelques occasions d’essais. Cependant, les anglais de 2019 sont indubitablement les plus forts. Revenus en force après un passage à vide l’année dernière, ils ont écrasé les français grâce à de superbes courses qui leur permirent de conclure des coups de pieds rasants très bien tirés.

 

Côté bleu, le courage du jeune Damian Penaud est à retenir car son match à défendre contre Johnny May ne fut pas une partie de plaisir mais il s’est battu jusqu’au bout. Côté anglais, c’est clairement le capitaine Owen Farell qui fut le plus remarquable, véritable chef d’orchestre nécessaire à cette domination rosée.

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