Les Analouises Sportives

14 février 2019

La dynastie Ingebrigsten - Pt 1

La dynastie Ingebrigsten - Partie 1

 

                                                            ingebrigtsen-759

On pourrait les comparer aux frères Borlée, sprinteurs jamais brillants individuellement sur la piste mais portant haut les couleurs de la Belgique sur le relai 4x400m depuis 10 ans. Mais ce serait commettre une erreur. Les 3 frères Ingebrigsten sont d’un autre monde. Athlètes dans la même discipline et entrainés par leur père, ils s’échangent les records nationaux et européens ainsi que les titres, toujours en famille.

10 aout, Berlin, championnats d’Europe d’athlétisme 2018

Aligné au départ du 1500m, Henrik (champion d’Europe de la discipline en 2012) réajuste ses lunettes tandis que son petit frère Filip (champion en titre) pointe le ciel du doigt en entendant son nom, et que le benjamin Jakob vérifie ses lacets. Les athlètes se jaugent, Filip Ingebrigsten et le polonais Lewandowski sont donnés favoris. Cependant, les 3 anglais Wightman, Grice et O’Hare ne sont pas en reste. Au contraire de ses frères, Jakob est encore peu connu de la scène senior, ayant toujours brillé en junior. A seulement 18 ans, il semble atterrir dans cette finale un peu par hasard. Pourtant, ses performances U20 ne laissent pas de place au doute.

 

Au coup de feu de départ, les athlètes sprintent vers le couloir 1, les anglais en tête et les 3 norvégiens en dernière position. Tout de suite, on sent l’attaque se préparer. Leur petite équipe est un avantage considérable, dans cette course rapide où la stratégie est d’une grande importance.Le train de course est rapide mais pas épuisant, les 2 premiers tours sont vite avalés.

A 800m de l’arrivée, c’est Filip qui lance l’initiative et remonte le peloton. Le rythme s’accélère brutalement, et Jakob prend la tête de course, ses frères juste derrière. On dirait que la course leur appartient, l’anglais Grice essaye de s’inviter à la fête mais peine à les suivre, de même pour l’allemand Tesfaye.Pourtant, on se dit que le plus jeune Ingebrigsten va se brûler les ailes, emporté par la folie du stade et l’enjeu de la course, ou qu’il fait le boulot pour ses frères. En tous cas, rester en tête jusqu’à l’arrivée semble clairement impossible.

A 400m de la ligne, dernier tour, Jakob accélère encore. Henrik essaye de remonter à la corde mais est bloqué par Filip, côte à côte avec Grice et Wightman. Il ne reste plus que 200m et Jakob lance le sprint, pris en chasse par les 3 anglais suivi d’Henrik. Filip, sûrement diminué par sa blessure lors des qualifications, est lâché.

Irrattrapable, le benjamin s’envole vers la victoire avec une facilité déconcertante et boucle la course en 3.38 :10 tandis que Lewandowski, sorti comme un fusée de la queue de peloton s’empare de l’argent et qu’Henrik, malgré son effort, échoue au pied du podium quelques centièmes derrière Wightman.

 

« A star is born » . En devenant le plus jeune athlète médaillé d’or dans un championnat européen, Ingebrigsten III entre dans l’histoire. A l’image d’une passation de pouvoir, ses 2 frères viennent l’embrasser et le couronner d’un casque de viking. En 6 ans, ils se sont tous refilés le titre…

Les sceptiques (ou les rageux) diront que c’est la chance du débutant. Que nenni : le lendemain, le duo Ingebrigsten survole le 5000m, et c’est encore une fois Jakob qui, avec une insolente facilité, lâche Henrik dans les 100 derniers mètres pour s’emparer de son second titre, record européen U20 à la clef.

Il est sur le toit de l’Europe. Ils sont sur le toit de l’Europe. En famille.


10 février 2019

Un Mal Epineux

 

Un Mal Epineux

 

10 Février, 2e journée du Tournoi des 6 nations édition  2019 et jour de crunch à Twinkenham, en Angleterre.

Le match d’ouverture des Français  contre le Pays de Galles a du mal à quitter les esprits. Cette 1ère mi-temps était le signal tant attendu : la fin de la galère et le réveil des français, après plus de 2 ans à perdre la plupart des matchs qui nous étaient donnés de jouer. Les Gallois étaient asphyxiés par la fougue qui poussa les bleus à marquer 3 essais sans en encaisser aucun et gagner les vestiaires avec 16 points d’avance. Et pourtant, la 2ème période fut sans appel : les français sombrèrent un peu plus chaque minute pour terminer le match sur le score de 19-24, une lourde défaite en somme.

Le sort semble s’acharner, pourtant on essaye de trouver du positif après cette désillusion, on se dit que si on continue sur cette lancée de belles choses nous attendent.

 

crunch-5

Vient le France-Angleterre ou « Le match du tournoi » d’après notre capitaine Guilhem Guirado. Le XV de la Rose fut impressionnant contre l’Irlande, tenante du titre, mais les bleus se disent prêts.

Pourtant le match vire très rapidement au cauchemar : les anglais ayant pour habitude de commencer fort, il ne leur faut pas plus de 120 secondes pour marquer un 1er essai signé Johnny May grâce à un beau coup de pied rasant d’Elliot Daly.

Pertes de balle à tout va côté bleu, les anglais rentrent dans la défense française comme dans du beurre et marquent leurs 2 essais suivants avec la même technique du coup de pied rasant (réalisée à la perfection) et personne pour leur courir après.

A la 35ème minute, sursaut français : après le magnifique travail de Yoann Huget qui échappe à 2 plaquages au niveau du milieu de terrain, Damian Penaud s’envole côté aile droite pour aller marquer le 1er essai  bleu, malheureusement non transformé par Morgan Parra.

La 1ère mi-temps s’achève sur le score de 30 à 8, 4 essais (dont 2 transformés par le capitaine Owen Farell) à 1 pour les anglais. Autant dire que la France prend l’eau…

 

Lorsque les joueurs entrent sur la pelouse pour la 2ème période, on ne peut s’empêcher d’imaginer les mots employés par le coach bleu pour motiver ses troupes. Une réaction est attendue, malgré les maigres espoirs de victoire.

Les anglais repartent aussitôt à l’attaque et mettent la pression sur l’équipe de France qui peine à sortir de ses 22 mètres malgré des dégagements fréquents.

Moins de 10 minutes après la reprise, c’est un jaune pour Fickou qui plaque Ashton alors sans ballon, mais qui courrait le ramasser pour l’aplatir derrière la ligne, suivi d’un essai de pénalité transformé par la machine de guerre qu’est le capitaine anglais.

5 minutes plus tard, Dupont permet d’une tape de la main d’éviter in-extremis un essai de May après une course magnifique, mais est trop court pour attraper le ballon ; Farell en profite et se jette dessus pour signer le 5ème essai anglais qu’il célèbre d’un coup de poing rageur et transforme juste après.

Malgré quelques coups d’éclat français trop souvent gâchés par des passes ratées, les anglais continuent à contre attaquer, disciplinés et inépuisables, à gagner les mêlées et les touches pour achever la rencontre sur le score humiliant de 44-8, aka la plus grosse défaite française dans un crunch depuis un siècle.

 

Un bilan assez triste donc pour l’équipe de France, qui n’arrive pas à profiter de ses jeunes talents et des autres plus expérimentés pour inverser le cours de son histoire, en acquérant une certaine constance technique et psychologique. Trop souvent surprise par les actions adverses, elle n’a pas su conclure ses quelques occasions d’essais. Cependant, les anglais de 2019 sont indubitablement les plus forts. Revenus en force après un passage à vide l’année dernière, ils ont écrasé les français grâce à de superbes courses qui leur permirent de conclure des coups de pieds rasants très bien tirés.

 

Côté bleu, le courage du jeune Damian Penaud est à retenir car son match à défendre contre Johnny May ne fut pas une partie de plaisir mais il s’est battu jusqu’au bout. Côté anglais, c’est clairement le capitaine Owen Farell qui fut le plus remarquable, véritable chef d’orchestre nécessaire à cette domination rosée.

Posté par AirLouvillenie à 23:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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